Comment apprendre à compter de 2 en 2, de 5 en 5 et de 10 en 10

Dessin : un enfant à genoux sur un tapis montre du doigt une rangée de dix cubes illustrés, qu’il compte.
Dans cet article
  1. Que veut dire compter de 2 en 2 ?
  2. Quand les enfants apprennent-ils à compter de 2 en 2 ?
  3. Dans quel ordre l’apprendre ?
  4. Compter de 2 en 2 aide-t-il vraiment pour les tables de multiplication ?
  5. Des façons simples de s’entraîner (sans fiche)
  6. Mon enfant récite la suite mais ne semble pas la « comprendre » : est-ce normal ?

Compter de 2 en 2 (ou de 5 en 5, ou de 10 en 10), c’est réciter une suite de nombres en sautant toujours du même écart : 2, 4, 6, 8 au lieu de 1, 2, 3, 4. En France, la grande section s’y essaie déjà à l’oral, de deux en deux jusqu’à vingt, puis le CP le travaille vraiment, une fois que l’enfant compte à l’aise de un en un, c’est-à-dire vers 6 ou 7 ans.

Réponse courte : commencez par 10 en 10, le plus intuitif parce qu’il reflète les dizaines, puis 2 en 2, puis 5 en 5. Et appuyez-vous sur de vrais objets groupés par ce nombre plutôt que sur la seule suite récitée à voix haute : c’est le groupement concret qui finit par devenir une compréhension de la multiplication, pas une simple comptine apprise par cœur.

Nous développons une application pour apprendre à compter, 99 Math Animals (l’application est en anglais, pas en français), construite exactement sur ces fondations : de petits groupes d’animaux que l’enfant compte avant d’écrire la réponse. Compter par bonds est donc une compétence qui nous intéresse bien au-delà de cet article. Voici ce que c’est vraiment, ce qu’en dit le programme du CP, pourquoi l’ordre d’apprentissage compte plus qu’on ne le croit, et des façons simples de s’entraîner sans fiche.

Que veut dire compter de 2 en 2 ?

C’est compter avec un écart fixe au lieu de un en un : 2, 4, 6, 8, 10 de 2 en 2 ; 5, 10, 15, 20 de 5 en 5 ; 10, 20, 30, 40 de 10 en 10. Cela ressemble à une petite astuce, mais c’est l’une des compétences porteuses entre le comptage de base et la multiplication : chaque table de multiplication est, au fond, une suite de ce type que l’enfant finit par connaître par cœur au lieu de la recompter à chaque fois. En partant de 0 et en comptant de 2 en 2, on obtient d’ailleurs les nombres pairs ; en partant de 1, les impairs.

Quand les enfants apprennent-ils à compter de 2 en 2 ?

Dès la grande section, le programme de maternelle demande de réciter la comptine de deux en deux jusqu’à vingt, en partant de un et en partant de deux. Le programme de mathématiques du cycle 2, appliqué depuis la rentrée 2025, va plus loin pour le CP : l’élève sait compter, à l’oral et à l’écrit, de un en un, de deux en deux et de dix en dix, en partant de n’importe quel nombre, et compter à rebours de un en un. Compter de 5 en 5 ne figure explicitement ni dans l’un ni dans l’autre ; il arrive souvent un peu plus tard, avec la table de 5 ou les minutes de l’horloge. Les bonds de 3, de 4 ou plus suivent en général les tables de multiplication, dont l’apprentissage s’étale sur toute l’année de CE1 et se consolide au CE2, plutôt qu’ils ne les précèdent.

Dans quel ordre l’apprendre ?

10 en 10 d’abord, puis 2 en 2, puis 5 en 5 : c’est l’ordre qui passe en général le mieux, et il y a une vraie raison à cela, pas seulement l’habitude :

  • Le 10 en 10 s’appuie sur les dizaines, que l’enfant connaît déjà à moitié. Dix, vingt, trente, c’est simplement « une dizaine, deux dizaines, trois dizaines », la même structure que les nombres à deux chiffres qu’il lit déjà. Nous en parlons dans unités et dizaines : c’est quoi, la valeur de position ?. Seule petite surprise en français : après soixante, « soixante-dix » et « quatre-vingts » ne suivent plus la logique de trente, quarante, cinquante.
  • Le 2 en 2 correspond à quelque chose de concret et familier. Chaussures, chaussettes, mains, yeux : l’enfant a déjà une idée vécue de « deux par deux » avant la moindre leçon.
  • Le 5 en 5 est l’intrus côté chiffres. La suite alterne un 5 et un 0 au rang des unités, ce qui est un peu plus difficile à garder en mémoire que les deux autres. Attendez-vous à un démarrage plus lent : ce n’est pas le signe que quelque chose ne va pas.
Un doigt d’enfant touche un cube en bois dans une longue rangée de cubes posés sur une table.
Compter de vrais groupes, et pas seulement réciter des nombres : c’est ce qui fait tenir la régularité.

Compter de 2 en 2 aide-t-il vraiment pour les tables de multiplication ?

Compter deLes cinq premiers bondsCorrespond àEn classe
2 en 22, 4, 6, 8, 102 × 1 à 2 × 5Dès la GS à l’oral (jusqu’à 20), puis au CP
5 en 55, 10, 15, 20, 255 × 1 à 5 × 5Souvent un peu plus tard, avec la table de 5
10 en 1010, 20, 30, 40, 5010 × 1 à 10 × 5Au programme du CP

Ce recouvrement explique pourquoi compter par bonds compte autant : un enfant qui récite déjà « 2, 4, 6, 8, 10 » connaît, sans le savoir, la moitié de la table de 2. Apprendre les tables de multiplication reprend exactement à partir de ce point. Les bonds se dessinent aussi : au CE1, le programme demande de placer des nombres sur une demi-droite graduée de un en un, de dix en dix ou de cent en cent. C’est la même idée, vue cette fois comme une distance qu’on parcourt à pas réguliers, et une bande numérique tracée à la craie dans la cour ou sur le trottoir en donne une version qu’on peut parcourir en sautant.

Des façons simples de s’entraîner (sans fiche)

  • Comptez de vrais groupes, pas seulement des nombres. Les chaussures par paires, les doigts par cinq, les doigts et les orteils par dix : montrez le groupe, ne vous contentez pas de dire le nombre.
  • Ajoutez du mouvement. Sautez, tapez dans les mains ou faites un pas à chaque nombre : la suite se retient bien mieux quand elle est liée à un rythme du corps que lorsqu’elle est seulement dite.
  • Arrêtez-vous et repartez du milieu. Quand la suite du début à la fin devient facile, demandez de continuer à partir de 20, ou de 14, au lieu de toujours repartir de zéro. C’est exactement ce que demande le programme (« en partant de n’importe quel nombre »), et c’est ce qui distingue une vraie aisance d’une comptine mémorisée.
  • Comptez aussi à l’envers. 20, 18, 16… ou 50, 40, 30 : redescendre la suite oblige à penser l’écart au lieu de dérouler un air connu.
  • Utilisez la monnaie, même pour jouer. Des pièces de 2 € comptées de 2 en 2, ou des billets de 10 € de 10 en 10 : la marchande est un excellent terrain d’entraînement.
Un enfant assis par terre pose la main sur une paire de baskets bleues alignée devant lui.
Bien avant la première leçon, les chaussures et les mains ont déjà appris à l’enfant ce que veut dire « deux par deux ».
Un enfant ravi saute en l’air sur une allée, dehors, un poing levé.
Un bond par nombre : la suite se retient mieux avec les jambes qu’avec la seule voix.

Mon enfant récite la suite mais ne semble pas la « comprendre » : est-ce normal ?

Tout à fait. Réciter « 2, 4, 6, 8, 10 » et comprendre que cela veut dire cinq groupes de deux sont deux compétences différentes, et la comptine arrive presque toujours en premier. C’est le même schéma que pour le comptage lui-même, où un enfant peut réciter « 1, 2, 3 » bien avant de comprendre la quantité que « 3 » désigne. Associer la suite à de vrais groupes qu’on peut compter, et pas à des nombres en l’air, est ce qui referme cet écart avec le temps ; répéter la comptine seule n’y suffit pas. Et si votre enfant compte ses bonds sur ses doigts, laissez-le faire : nous expliquons pourquoi dans compter sur ses doigts, est-ce mal ?.

Les questions des parents

Que veut dire compter de 2 en 2 ?

Compter de 2 en 2, c’est compter avec un écart fixe au lieu de un en un : 2, 4, 6, 8 au lieu de 1, 2, 3, 4. On l’apprend d’abord avec 2 et 10, puis 5, et cela devient la base des tables de multiplication, de la lecture de l’heure et du comptage de la monnaie.

En quelle classe apprend-on à compter de 2 en 2 ?

Dès la grande section, à l’oral et jusqu’à vingt. Puis au CP, où le programme demande à l’élève de compter de un en un, de deux en deux et de dix en dix en partant de n’importe quel nombre. Compter de 5 en 5 vient souvent un peu après, et les bonds de 3, de 4 ou plus accompagnent en général les tables de multiplication au CE1 et au CE2.

Faut-il commencer par 2 en 2, 5 en 5 ou 10 en 10 ?

Le 10 en 10 est souvent le plus facile, car il reflète les dizaines que l’enfant connaît déjà à moitié, puis vient le 2 en 2, qui correspond à des paires familières comme les chaussures et les mains. Le 5 en 5 est en général un peu plus difficile, car les unités alternent entre 5 et 0 : un démarrage plus lent est normal.

Compter de 2 en 2 remplace-t-il l’apprentissage des tables ?

Non, mais c’est la rampe d’accès. Un enfant qui compte de 2 en 2 jusqu’à 10 connaît déjà, sans le savoir, la moitié de la table de 2 : compter par bonds construit la régularité, et l’entraînement aux tables transforme cette régularité en souvenir immédiat.

À lire aussi

← Toutes les notes pour les parents